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Semaine sainte 2020

Il nous arrive de faire l’expérience du vide « tête vide », le cœur vide…ou même sans doute la prière. On a les formules, le rite, la rubrique, mais moi, je suis absent ! Où suis-je ? Si seulement je le savais ! A certains moments, je ne sais plus où je suis ni où j’en suis.

 

Si je sors dans la rue, c’est vide, personne à qui parler ni même à saluer (en gardant ses distances comme il se doit). Les rues se sont vidées, grand silence ! Pas de passants, pas de voitures, seules celles de la gendarmerie toute proche.

Si je passe à l’Eglise, elle aussi, elle est vide. On me dit et je le sais et je le crois, il y a la Présence réelle. Je balbutie une prière à Lui qui me « scrute et me connais » Grand silence, « pas de parole qui s’entende » comme au soir du vendredi Saint ! Et maintenant, solitude… Les églises, les mosquées sont vides. Le Temple de Jérusalem est détruit depuis l’an 70

Belle expérience spirituelle : le vide, l’absence…le désert avec la tentation de le remplir, de l’habiter, de l’exploiter et d’en piller les richesses enfouies. Nous sommes ainsi faits car on a l’habitude du trop plein et on en rajoute toujours. Peur de manquer !

Silence ! Les voix habituelles et familières, se sont tues, sauf celles des commentateurs de radio et de télévision.

Où est Dieu ? Que fait-il ? Existe t-il ? Dieu est mort sur la croix. Quel sens à cela ? Et puis, ce cri humain : « Si tu avais-été là, Seigneur, mon frère ne serait pas mort ».

Par un soir de printemps, la place Saint Pierre de Rome, vide. Quelques pigeons romains ! et un homme seul, un vieil homme qui peine à marcher traverse cette place, va seul, dans le silence s’asseoir sur un fauteuil regardant la Via della Conciliazione (symbole de la réconciliation de l’Etat du Vatican et de la République Italienne), vide elle aussi. Le vacarme des klaxons a fait place au silence.

Le peuple des catholiques quelque peu « idolâtre», absent !

Mais quelle présence pour cet homme seul vêtu d’une simple soutane blanche, sans le trop plein des pompes vaticanes habituelles ! Cet homme, François parle, prie, se tait.

Ce vide et cette absence de peuple, de chants, d’applaudissements sont parlants, révélateurs d’une autre présence de celui qui chasse la peur et recrée l’homme dans sa liberté, dans sa dignité. Sa grandeur : « à peine moindre qu’un dieu ».

Nous cathos, avons peur du vide, du vide des églises cisterciennes, des abbatiales bénédictines, des temples de l’Eglise réformée et des églises restaurées. Nous préférons le trop-plein : nos vieilles églises romanes, si pures mais « baroquisées », les stuques de la réforme catholique avec les ors et les dorures pillés par les conquistadores aux nouveaux continents…Sans compter les statues, les tableaux…

Où Dieu parle t’il dans le trop plein de nos églises ou dans le vide, le dépouillement, la nudité. Nudité de celui qui a été dépouillé de ses vêtements et fut mis en croix !

Où Dieu nous parle t’il ? Dans une hostie exposée dans un ostensoir doré ou dans un tabernacle grand ouvert et vide comme il l’est du jeudi soir jusqu’à la veillée pascale.

Dieu est présent dans le vide, comme l’absent. Présence sous forme d’absence ! Grande expérience spirituelle ! Parfois, dans le trop plein, dans les paroles, les discours, les homélies…il n’y a plus de place pour lui, comme à l’auberge de Bethléem. Nous occupons toute la place, nous envahissons nos marchés et nos rues, nous passons sans regarder, sans voir. Il y a trop ! Mais lui, le Ressuscité marche avec nous, sur la route déserte vers une autre auberge, celle d’Emmaüs !

Devant le tombeau vide je découvre qu’il est vivant, qu’il s’est réveillé qu’il s’est relevé d’entre les morts. Comme les femmes, comme Pierre et Jean ; mais je n’ose pas entrer. Le rideau du temple s’est déchiré du haut en bas, 3 jours auparavant.

Le Saint des Saints est devenu un espace béant, ouvert sur « le parvis des gentils », ce monde, vaste monde. La frontière entre Eglise et Monde se confond, car Dieu est présent dans ce monde. Il habite parmi nous, il n’est plus séparé dans un vaste paradis. Dieu sur terre, Dieu en terre, Dieu par terre pour la 3ème fois !

Le saint des saints, (Shekhinah-prononcer ‘chrina’) demeure de Dieu, était déjà pour nos frères juifs un lieu vide. Rien. Symbole de sa présence. Mais lui, il habitait avec son peuple, dans son peuple. Il l’accompagnait dans ses exodes et des exils, dans ses déserts et dans ou vers les Terres promises.

Dieu avec nous pour être la Colonne de feu qui guide et qui éclaire. Dieu habite en moi dans le vide de mon cœur, de mon intelligence pour me rappeler que j’ai à travailler pour qu’il reste debout, à l’endroit, pas un monde à l’envers.

Ainsi, Jésus marche avec nous. Lui, l’Emmanuel… il nous conduit vers un monde nouveau, une terre nouvelle….et mieux que cela, il nous murmure, dans le creux de l’oreille (confidence) « si vous êtes vides, vidés, épuisés, je viendrai chez vous, dans votre cœur et je ferai chez vous ma demeure »

Et voilà, nous sommes devenus la demeure de Dieu, le TEMPLE de Dieu
Le nouveau Temple ! ALLELUIA !

 

Rabbi, Maître, Seigneur, Viens
VIENS, Seigneur Jésus !
Le Seigneur vient MARANATHA

Jean-Pierre Jammet
Jeudi saint 2020

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