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Vous le savez sûrement, saint Jean est le seul évangéliste à ne pas relater l’institution de l’eucharistie. Contrairement à ce que nous racontait saint Paul dans la deuxième lecture, saint Jean ne nous dit rien des bénédictions et des paroles du Christ au cours de ce repas.
Cependant il nous a transmis un long discours de Jésus sur le pain de vie. Là Jésus y explique qu’il faut manger sa chair pour avoir la vie éternelle, qu’il est le pain qui donne la vie au monde.
Dans ce chapitre 6 de son Evangile, à travers les paroles du Christ, saint Jean transmet le sens de l’eucharistie.

Si saint Jean est le seul à ne pas raconter l’institution de l’eucharistie et il est également le seul à nous donner le récit du lavement des pieds, que nous avons entendu ce soir.

Comment comprendre cela ? Pourquoi seulement le lavement des pieds et pas le récit de l’institution de l’eucharistie ?
Certains exégètes ont expliqué que comme il était le dernier à écrire son évangile, et comme il a assisté personnellement au dernier repas avec Jésus, saint Jean a voulu décrire ce qui n’était pas déjà présent dans les autres évangiles.
Cela est très logique. Mais ce soir, je retiendrai une autre raison que de nombreux théologiens ou exégètes ont relevés.

Le geste du lavement des pieds était un geste courant à l’époque de Jésus.
Ce geste se faisait lorsque des invités entraient dans une maison. Le maître de la maison accueillait alors les invités puis, en signe de bienvenue, demandait à l’esclave de nettoyer les pieds de ses hôtes. Personne d’autre que l’esclave ne pouvait s’abaisser à laver les pieds.

Lors du dernier repas, Jésus ne respecte aucune règle de ce lavement des pieds.
Ce n’est pas un esclave qui lave, mais lui-même. Et puis, ce n’est pas au début qu’il le fait, mais au cours du repas.
Jésus ne le fait donc pas pour souhaiter la bienvenue, ce serait un peu tard, mais pour montrer quelque chose d’autre.

Si Jésus le fait pendant le repas, ce repas où il va instituer l’eucharistie, c’est que les 2 gestes, celui du lavement des pieds et de l’eucharistie, s’éclairent mutuellement.

Il n’y a certainement pas de geste plus expressif pour les disciples que ce lavement des pieds. Jésus, « le Seigneur et le Maître », comme il le dit lui-même, en lavant les pieds, se met au rang des esclaves, il s’abaisse à la condition la plus basse qui soit.
Un esclave ne s’appartient pas, il est l’objet de son maître, un esclave n’a pas de droit.
Il n’est pas étonnant que Pierre s’insurge. Comment est-il possible que le Christ s’humilie de la sorte ?

Mais Jésus va faire et vivre pire encore, sur la Croix il va être dépouillé de tout, de ses vêtements, de sa dignité, de sa vie même. Il va aller jusqu’au bout de l’amour, comme nous le disait saint Jean dans son évangile.
Et à chaque eucharistie c’est ce qu’il refait pour nous.
Nous avons du mal à le saisir, mais l’eucharistie est, pour le Christ, de l’ordre du même abaissement que le lavement des pieds.
Jésus s’abaisse jusqu’à ce faire esclave pour nous, jusqu’à se donner pour nous, jusqu’à se faire nourriture pour nous, et cela par amour pour nous,

Nous nous sommes certainement trop habitués à ce qui se passe à la messe. Alors regardons Jésus au pied de ses disciples, leur lavant les pieds, et disons-nous que chaque fois que nous participons à l’eucharistie, le Christ est là à nos pieds, nous lavant, non pas seulement les pieds, mais tout notre être, qu’il nous purifie de nos péchés, pour nous élever jusqu’à son Père, qu’il se donne tout entier par amour pour nous.
L’eucharistie c’est le Christ qui nous « aime jusqu’au bout », jusqu’à l’extrême. Il nous donne d’être associé à sa Passion, à sa mort et à sa résurrection, et se donne à nous en nourriture pour que nous demeurions en Lui et Lui en nous.

Comme il faudrait que nous prenions davantage conscience du sens de la messe.
Saint Paul dans l’hymne aux Philippiens nous décrit tout ce mouvement : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur [d’esclave], devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph 2, 6-8).
C’est tout cela la messe. « Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » nous rappelait encore saint Paul dans la deuxième lecture.

Mais Jésus après le lavement des pieds disait à ses disciples : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? … Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Pour être disciple de Jésus, nous devons nous aussi laver les pieds de nos frères c'est à dire nous faire quelque part esclave des autres, nous abaisser devant eux.
Et la mesure de ce don de soi est celle que Jésus nous enseigne, aller jusqu’à donner sa vie pour son prochain.

Vivre de l’Eucharistie, entrer dans la vie eucharistique ne consiste pas seulement à communier avec ferveur, c’est entrer dans ce service mutuel qui va jusqu’à se faire l’esclave de son prochain. Alors nous pourrons pleinement participer à l’eucharistie, alors nous pourrons recevoir pleinement le Christ en nous.
L’amour de Dieu et celui du prochain sont l’objet d’un unique commandement.

Voilà ce dont nous faisons mémoire ce soir. Nous faisons mémoire du don qu’Il nous a fait de lui-même afin qu’à notre tour nous fassions don de nous-mêmes à nos frères. Voilà comment l’Eucharistie que nous allons recevoir est appelée à fructifier en nous, voilà comment nous pourrons amener Jésus à ceux qui nous entourent.

Ce soir, Jésus nous redit ce qu’Il a dit à Pierre lors de la Cène : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. ». Nous non plus, nous ne savons pas vraiment ce que Jésus fait pour nous. Mais lorsque nous essayerons de faire comme lui, alors nous commencerons à comprendre.
Demandons au Seigneur de nous y aider et de le découvrir toujours plus en ces jours de la semaine sainte.

 

plusieurs dimanches nous écoutons le chapitre 6 de l’Evangile selon saint Luc, où Jésus nous donne des conseils pour le suivre et faire partie de ses disciples.
Ainsi après avoir entendu les Béatitudes et l’invitation à aimer nos ennemis, aujourd'hui l’Evangile nous propose trois petites paraboles de sagesse.
Je voudrais examiner avec vous les recommandations que Jésus nous donne à travers elles et dénoncer quelques erreurs d’interprétations de ces paraboles.

Jésus commence par dire : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? »
Cela est évidemment question de bon sens, un aveugle n’est pas le meilleur guide pour un autre aveugle, surtout si aucun ne connaît l’itinéraire !
Le chemin dont il s’agit ici est bien sûr spirituel. C’est de la vie à la suite du Christ, de la vie chrétienne dont Jésus nous parle.

Nous pourrions penser que Jésus nous dit ici, que rien de ce qui existe ici-bas ne peut nous aider, et donc qu’il nous invite à ne pas avoir d’autre guide, sur notre chemin de vie chrétienne, que nous-mêmes, comme si nous étions directement connecté à l’Esprit-Saint ?
Un adage dit « un chrétien isolé est un chrétien en danger ». Et c’est bien vrai.
Nous, les chrétiens, avons peut-être oublié l’importance d’être aidé, guidé par l’enseignement et l’exemple des autres.
Les acteurs, les sportifs, les musiciens savent bien qu’ils ne parviendront pas au sommet de leur art sans un coach pour les y aider. Sans guide nous ne donnerons pas le meilleur de nous-mêmes.
Mais il faut, nous dit Jésus aujourd'hui, ne pas choisir un aveugle pour nous guider.

Faute de bons maîtres, certains, jeunes ou plus anciens, s’attachent à ceux qui font le buzz sur les réseaux sociaux, ou aux idoles de l’audiovisuel.
Si nous choisissons de tels aveugles pour nous guider, il ne faut pas s’étonner de ne pas progresser dans notre vie personnelle et/ou spirituelle.

Jésus nous invite à avoir pour guide quelqu’un qui y voit clair.
Demandons-nous quel est aujourd'hui notre guide sur notre chemin de vie chrétienne ?

C’est là qu’intervient le deuxième conseil de Jésus : « Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère »

Jésus, comme toujours avec les paraboles, force ici le trait. Nous savons combien une poussière gêne déjà pour voir, alors une paille qu’est-ce que ça doit être, et ne parlons pas d’une poutre !
Dans tous les cas, il s’agit de comprendre l’effet produit : celui qui a une poutre n’y voit rien, et pourtant, dans la parabole, il voudrait pointer chez les autres ce qui ne va pas.

Nous pourrions croire qu’ici Jésus nous invite à renoncer à aider les autres. Que nous avons tous une paille, ou même une poutre dans l’œil qui nous rend aveugle et incapable d’aider notre prochain.
Avancer dans la vie chrétienne ne peut pas se faire dans le désintéressement de ce que les autres peuvent vivre. L’indifférence du sort des autres n’est pas chrétien.

Or, ce que Jésus pointe ici, c’est donc la manière dont cela peut être fait. Avertir quelqu’un de son égarement, sans s’en être détourné soi-même, relève de l’hypocrisie.
Nous ne pouvons pas aider quelqu’un si nous sommes nous-mêmes aveugles de notre condition.
Jésus nous invite bel et bien à enlever la paille dans l’œil de notre frère, c’est un devoir de charité.
La véritable correction fraternelle est un devoir chrétien qui demande tact, délicatesse et surtout bienveillance.
Mais Jésus nous dit aussi, qu’il nous faut être conscient de notre condition de pécheur et donc qu’il nous faut nous corriger en enlevant en priorité la poutre qui est dans notre œil.
Jésus nous invite à faire les deux : nous convertir et aider nos frères, notre prochain mais avec bienveillance, bonté.

Demandons-nous si nous avons le souci de notre conversion et de celle de nos frères et sœurs ?

Et nous arrivons au troisième conseil de Jésus : «  ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais »
La bonté, la bienveillance est peut-être ce qui résume tout l’Evangile d’aujourd'hui.

La parole de celui qui se considère parfait est souvent blessante. Toute invitation à la conversion doit venir d’un cœur empli de bonté.
Souvenons-nous de ceux qui nous ont marqué, guidé sur le chemin de la foi. Ils n’étaient pas forcément les plus savants, les plus riches, mais ils avaient mûri dans la confiance en Dieu, traversé des épreuves et appris à être bons et charitables.
Ceux-là avaient enlevé toute arrogance, toute suffisance à leurs paroles. Ils s’exprimaient avec humilité sans culpabiliser leur interlocuteur.

Ce qui n’empêche pas que cette bienveillance puisse parfois se conjuguer avec une certaine exigence. C’est bien ainsi que Jésus a agi.
Par exemple, avec la femme adultère nous voyons toute la bienveillance, la bonté du Christ. Lui qui n’est pas aveugle, ne réduit pas cette femme à son péché : « Moi non plus, je ne te condamne pas. » lui dit-il. Il lui enlève ce poids dans son cœur, cette paille en son œil, mais il ajoute encore cette exigence : « Va, et désormais ne pèche plus. »

Jésus nous fait comprendre aujourd'hui que si l’on veut enseigner, il faut d’abord se faire disciple.
Si l’on veut aider l’autre à se convertir, il faut soi-même se convertir.
Et pour produire de bons fruits, il convient de changer notre cœur, notre regard, il faut être soi-même bon.

En se faisant homme, notre Dieu nous a donné son amour.
Il nous a témoigné toute son attention, sa disponibilité, sa bonté.
C'est à présent à nous de faire preuve de ces mêmes qualités envers nos frères.

A l’imitation de Marie, et avec son aide, puissions-nous laisser l'Esprit Saint travailler en nos cœurs.
Qu’il les remplisse de sa bonté et sa douceur.
Demandons au Seigneur Jésus, qui vient en nous dans l'Eucharistie, de faire de nous de vrais disciples selon son Cœur.

 

 

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