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Cette semaine les vacances commencent au moins pour les enfants. Et voilà que comme un « clin d’œil » l’Evangile de ce jour nous invite à nous mettre en route, à ne jamais oublier que quelque soit le lieu et le temps où nous sommes, il est toujours l’heure de témoigner de notre foi.

Nous voyons en effet Jésus envoyer non plus seulement les Douze apôtres mais 72 disciples. Ce chiffre est symbolique. Nous le retrouvons dans le livre de la Genèse, nous y apprenons, au chapitre 10, que 72 c’est le nombre des peuples issus de Noé. Ainsi à l’époque de Jésus on considérait qu’il existait effectivement 72 nations.
72 représente l’humanité dans son ensemble.
Jésus veut donc envoyer des disciples de tous les peuples vers toutes les nations.
Chacun de nous est concerné par cet envoi. C’est à chacun de nous que Jésus dit : « Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups »

Il n’est pas facile de témoigner de notre foi dans un monde sécularisé et très relativiste. La où l’on croit qu’il n’y a plus de vérité, pourquoi irai-je annoncer ce que je crois ? de quel droit imposerai-je ma pensée ?

Le pape François, de manière imagée, rappelait lors d’une messe à Sainte Marthe, que transmettre la foi ce n’est pas chercher des soutiens pour une équipe de foot ou pour un centre culturel. Ce sont de choses bien plus importantes dont il s’agit ici. C’est notre salut qui est en jeu.
De quel droit, précisément, garderions nous l’Evangile pour nous seulement ? C’est pour nous un devoir de transmettre ce que nous avons reçu. C’est un devoir pour nous de proposer aux autres le chemin dont nous savons qu’il est vie.
Quelque part si nous sommes indifférents au sort, au destin des autres, c’est que nous ne les aimons pas.

Dans l’Evangile d’aujourd'hui Jésus nous rappelle que ce qui importe dans cette aventure, ce ne sont pas d’abord les moyens.
Jamais Jésus n’a mobilisé une armée pour diffuser sa révélation et sa doctrine, alors que d’autres déclarent la guerre sainte et maudissent ou tuent tous ceux qui n’adhèrent pas à leur pensée. Jésus ne s’est jamais imposé par la force.
Les Actes des Apôtres nous rappellent d’ailleurs que c’est grâce aux persécutions que la foi chrétienne s’est répandue.
« L'Eglise ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par "attraction" » reprendra Benoit XVI.

La méthode de Jésus c’est la transmission de personne à personne, dans la rencontre personnelle.
Si nous sommes ici ce matin, c’est que nous avons reçu un jour le message d’un autre. Peut-être était-ce un parent, un ami, un catéchiste, un prêtre qui nous a parlé de la Bonne Nouvelle et nous y avons été attentif.

Pour nous, reconnaissons-le, il n’est pas toujours facile d’être entendu Nous aimerions tant que notre parole, notre exemple soit efficace.
Nous oublions alors que tout ne dépend pas de nous. Ce qui est de notre responsabilité c’est de dire, de vivre l’Evangile. Le reste c’est du ressort de la personne et de Dieu.
Comme le disait sainte Bernadette à ceux qui doutaient des apparitions : « je ne suis pas chargée de vous le faire croire mais de vous le dire ».

Pour que celui qui a reçu le message y adhère, pour que la parole donnée s’enracine dans les cœurs, il faut toujours l’action de l’Esprit-Saint. C’est lui qui va parler au plus intime de la personne, qui va illuminer son intelligence, et lui faire saisir que c’est vrai.
Ainsi les Apôtres qui ont entendu Jésus parler qui ont partagé sa vie pendant 3 ans, qui l’ont vu mourir sur une croix et le troisième jour ressusciter ont douté (non pas crus). Ce n’est qu’à la Pentecôte, lorsque l’Esprit-Saint a brûlé leur cœur et délié leur langue qu’ils sont vraiment devenus croyants.

Le succès de toute mission ne vient pas des moyens employés, mais de Dieu, de la force de son Esprit-Saint et de notre écoute.
N’oublions jamais que la conversion des cœurs ne dépend pas en premier du messager mais bien de Dieu.
Saint Paul l’évoque dans sa première lettre aux Corinthiens : « Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu. » (1Co 3, 6-7)
Il ne suffit donc pas de planter, ni d’arroser, il faut que la Parole prenne racines et croisse. Dieu seul peut l’y aider
C’est d’ailleurs là la souffrance des parents et de tous les témoins de l’Evangile, de ne pas convaincre autant qu’ils le voudraient.
C’est pour cela que la première mission de tout évangélisateur n’est pas d’enseigner mais de prier. Sans la prière, la foi ne peut pas naître dans le cœur des autres.

Aussi quand les 72 disciples reviennent tout joyeux et se vantent des beaux résultats qu’ils ont obtenus, le Seigneur les remet à leur place. Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous soient soumis, leur dit-il, car cela ne dépend pas de vous, mais réjouissez-vous de ce que vous soyez vous-mêmes sauvés car cela dépend de vous.

Il nous reste donc à rendre grâce à Dieu pour tout ce que nous avons reçu, à le partager par nos paroles et nos actes à tous ceux que nous rencontrerons cet été. Et encore faut-il confier l’Esprit Saint ceux à qui nous le transmettons. Et alors peut-être notre témoignage portera du fruit.

 

 

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