L'EGLISE, une pièce de MUSEE !

 

Il est facile de ranger l'Eglise comme pièce de musée, c'est quelque chose d'hier, de dépassé, de rétrograde... En créant cet espace musée dans l'église de Mairé, on pourrait le donner à penser. Il n'en est rien, quand on voit, après de nombreux débats très serrés, ce que devient votre église, grâce à beaucoup d'énergie et une grande mobilisation de la population de Mairé et d'ailleurs. C'est le contraire qui est l'évidence : l'Eglise est vivante et se rajeunit.

 

Monsieur le Maire, vous avez su déployer beaucoup de pédagogie, de volonté et de politique pour réaliser tout ce qui est fait ici. Soyez en remercié. Messieurs les maires et Monsieur le Président de la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse savent ce que représente l'église du village dans leur commune. Votre présence ici est pour nous un signe auquel nous sommes très sensibles. Merci pour tout ce que vous entreprenez.

 

Si l'Eglise est bien vivante et capable d'une nouvelle ou éternelle jeunesse, c'est parce qu'elle a un long passé parfois paisible, parfois mouvementé. Elle a su épouser l'histoire des hommes et, parfois en divorcer. Elle fut même à certaines époques promotrice de vie sociale.

En effet,  après l'invasion des Huns, des Goths et autres il a fallu reconstruire une société sur les ruines de l'empire romain en intégrant les nouvelles populations et les nouvelles cultures. Ce fut le magnifique édifice de la société médiévale. Un monde pyramidal très hiérarchisé dont elle aura par la suite beaucoup de peine à se départir.

Durant le même temps, l'Islam  nous apporte par Averroès et Avicenne, la culture d'Aristote un philosophe grec que l'occident avait oublié. Ce nouveau modèle de penser sera très vite exploité par les dominicains en particulier Thomas d'Aquin qui traduira la théologie d'Augustin, dans une autre philosophie.

Mais il y eut des périodes de divorce à partir de Descartes, puis avec les philosophes des Lumières au 18ème siècle et ce que nous appelons les Maîtres du soupçon, au 19ème siècle (Marx, Freüd, Nietzsche). En contre point, l'Eglise romaine a vu naître en son sein des courants tels que le Jansénisme, le Puritanisme, le Piétisme au 19ème etc. Elle a voulu manifester, sa force, sa grandeur et sa puissance avec des dorures et des dentelles, des bannières et des croix de procession. Elle affirmait ainsi non seulement son pouvoir à l'égard des autorités publiques, mais encore à l'égard des corporations ou des pieuses associations et ainsi imposer des limites territoriales. Ce sera la naissance des paroisses et des 36.000 communes calquées sur le modèle de l'Eglise... dont on a peine à sortir !

Tous ces objets de culte portent l'empreinte de cette histoire locale et de la vie de l'Eglise avec la piété des fidèles : Chants liturgiques avec le plain chant, Adorations de saint sacrement, Processions... La richesse de ces objets peut être trompeuse. Elle est à situer dans le contexte de l'Eglise qui, depuis le concordat de Bologne, jusqu'un 1792, puis de 1802, le concordat de Napoléon jusqu'en 1906, le loi de séparation était rétribuée soit par le roi et les seigneurs, ou encore par l'empereur et même la 3ème République. Ce qu'elle a perdu en richesse, elle l'a gagné en liberté qui est le bien le plus précieux. En effet, les ministres des cultes et les cultes eux-mêmes ne vivent (en gros !) que de la générosité des fidèles. Il n'y a plus aucun serment à prononcer à l'égard d'aucune autorité publique. Elle est pauvre, mais elle est riche de sa liberté.

Tous ces objets de culte, témoins d'une histoire encore récente ne sont pas définitivement rangés dans les placards du passé... Ils  témoignent de la manière de dire et de célébrer la foi au cours des temps et nous posent la question : « Et vous aujourd'hui, qu'allez-vous créer pour célébrer votre foi avec du beau et du vrai ? »

Quoi qu'il en soit de l'avenir, aujourd'hui, cette église vit de son temps et du Concile Vatican II avec l'importance donnée aux Laïcs hommes et femmes qui retrouvent toute leur place (qu'ils n'auraient jamais dû perdre) Merci aux membres de l'équipe de base de Lésigny-Mairé en particulier les 2 nouvelles déléguées pastorales (Marie-Jeanne GUILLET et Brigitte CLERTE-DURAND) qui ont été « intronisées » le jour de l'Ascension à la Pinerie.

Cette église, avec son nouvel autel consacré par Mgr ROUET est bâtie sur le Christ. Il est la pierre angulaire avec des témoins locaux qui ont pendant des années travaillés ici, donné de leur temps, de leur argent et de leur amour. Il y a aussi d'autres témoins dont les reliques sont ensevelies dans le tombeau de l'autel : Saint André-Hubert FOURNET et Saint Damien de MOLOKAÏ, apôtre des lépreux.

Au fond, l'église de Mairé ne fait qu'épouser l'évolution du centre bourg. Comme lui, elle vit des transformations profondes, non seulement matérielles mais aussi morales et spirituelles.

Ainsi, votre église locale, poursuivant ses alliances avec les hommes des temps à venir pourra devenir signe de la présence du Christ au milieu de vous.

Votre église n'est pas une PIECE de MUSEE, elle est une PIERRE pour l'avenir.

Merci, Monsieur le Maire, merci Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, Merci Monsieur le Président de la Communauté de communes et Mesdames et Messieurs les Maires des environs, du Poitou, comme de la Touraine.

Merci à chacune et à chacun

J.P. Jammet 3 Octobre 2010

 

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