Témoignage

« Accompagner des familles dans le deuil »

L’aventure a commencé il y a une  dizaine d’années. Avant, le Prêtre s’occupait seul des sépultures. Mais petit à petit on pressentait quelque chose, le Prêtre évoquait la question  (quand  je ne serai pas là …) ; et à un moment, le Prêtre avait dû s’absenter et il y avait eu une sépulture sans prêtre sur notre secteur jusqu’à ce lundi matin de juin 2001  à 8h où le téléphone sonne.  Au bout du fil le Prêtre : « M-F. Mr Untel est décédé hier soir, la famille souhaite la sépulture mercredi, je ne suis pas là… que fais-tu ?  Réflexion quelques instants… Je devais répondre tout de suite. Je me suis dit : je n’agis pas seule, je vais demander à M-Cl de ma paroisse, à cette époque nous avions des Religieuses, une va bien nous aider, Ch. qui en avait fait une à Pleumartin… avait un peu d’expérience… puis je pense à l’épouse du défunt, modeste, avec qui j’avais crée un lien depuis quelques années sur un autre plan, … je me dis que je ne peux pas laisser cette dame comme ça… je réponds au Prêtre « J’y vais, je me lance ».

Et là, je réalise que c’est la toute 1ère fois qu’il va y avoir une sépulture sans Curé. Une cérémonie à préparer… pour une sépulture, jamais fait mais j’avais participé à la préparation de beaucoup de messes et d’ADAP que cela ne m’effrayait pas vraiment ; par contre un défunt connu… beaucoup d’assistance dans notre rural… donc une église pleine… et en 2 jours, le téléphone arabe avait fonctionné.

D’ou l’idée de faire appel et de créer une équipe, et nous le faisons toujours si le prêtre est absent, nous ne voulons pas être une personne seule au micro : Chacun, chacune n’est  pas le ou la remplaçante du Curé. C’est important qu’une équipe soit visible au public, c’est un visage d’Eglise que nous devons montrer.

Alors, pour cette 1ère fois, dans notre mot d’accueil, nous avons expliqué simplement que le Prêtre était absent et que de plus en plus, les laïcs accompagneraient lors des sépultures…

Ailleurs, ça commençait aussi.

Voilà, donc depuis ce temps-là, au décès de quelqu’un, le Prêtre fait signe et la machine se met en route. On prend contact avec la famille et décidons d’un temps qui les arrange pour nous rencontrer. Le Prêtre n’est donc pas présent avec les familles…  mais pour nous laïcs chrétiens, c’est un moment privilégié... et je voudrais insister sur à la fois la nécessité et l’importance de cette rencontre avec la famille.  On a une cérémonie à préparer, mais c’est plus que ça. Nous avons à notre disposition des livrets de chants, des revues comme "Signes" qui contiennent les lectures, les textes de la Bible. Il ne s’agit pas de choisir un chant, une lecture, un psaume, une PU, un chant final et le tour est joué.

C’est à la suite d’un échange avec la famille sur le défunt… ce qui a fait sa vie… sur les conditions de sa mort…que l’on va construire cette cérémonie et le mot d’accueil, moment important. De cet échange, on va tirer les éléments pour créer «  l’ambiance » de ce mot d’accueil. De là aussi va partir le choix des lectures et des chants… Rien est au hasard. Il faut  laisser le temps aux familles de parcourir les textes, leur faire confiance…  car ce n’est pas évident de choisir un texte de la Bible, surtout quand on ne fréquente plus l’église ou pas régulièrement…  et puis il y a eut cet échange qui nous permet de chercher en même temps qu’eux pour les guider au cas où ils ne trouvent pas. Je remarque la plupart du temps que leur choix n’est pas anodin, qu’il y a une logique, un fil conducteur et ça, on s’en rend compte surtout en vivant la sépulture. La famille est donc partie prenante pour composer cette cérémonie qui est la leur ; l’important, c’est qu’elle s’y sente bien.

Moi je trouve qu’il ne faut en aucun cas négliger cette rencontre. Pourtant, vous le savez comme moi, un décès arrive d’un coup, et en gros, on a 2 jours, parfois moins pour voir la famille, préparer la sépulture plus le temps de la sépulture et l’accompagnement au cimetière… au milieu de nos activités personnelles… sans compter l’église et les fleurs à préparer …

Selon les familles, selon les personnes de cette même famille, on discute plus  ou moins, mais on arrive à quelque chose de positif, à un échange mutuel parfois… que nous soyons en présence de familles chrétiennes (c’est alors un moment de bonheur pour nous car c’est l’occasion d’un plus grand partage qui fait du bien, je dois l’avouer) ou le plus souvent avec des familles éloignées de l’église qui parfois exigent des choses pour lesquelles, on n’a pas forcément la réponse. Dans ce cas, on leur dit qu’on va en parler au Prêtre… (important  de se référer au Prêtre, on agit pas seul… on fait partie de l’Eglise…) d’autres veulent une messe. Là, on est amené à demander pourquoi une messe (pour beaucoup, la messe est un terme général. Ils vont à l’église, ils disent avoir assisté à une messe même si c’est une simple bénédiction)… On est donc amené parfois  à expliquer aux familles le sens de l’Eucharistie, qu’ils pourront faire dire des messes par la suite. En effet, les obsèques à l’Eglise ne sont pas un sacrement pour lequel la présence du prêtre serait indispensable.

Notre Evêque permet aux laïcs baptisés de remplir cette mission, que j’ai moi-même accepté d’accompagner des familles dans le deuil car je suis baptisée et que par mon baptême, j’ai en quelque sorte une mission qui m’envoie vers les Autres, notamment ceux qui sont dans la peine, en ce qui me concerne.

Pour cet échange, vous le savez ou vous l’imaginez, il  nous faut beaucoup, beaucoup d’écoute…  du respect … en fait… de l’humanité. .. ce qui va nous permettre d’utiliser un langage simple et de proximité.

Alors, Dieu là-dedans ? …  mais justement quand on se fait proche des familles dans la peine, quand on partage leur douleur, à un moment ou à un autre, même si on ne parle pas directement de Dieu… il s’invite à notre rencontre… pour moi, il est présent… son Esprit nous accompagne et nous aide à vivre ce moment avec la famille.

Ce qui fait notre force, c’est que nous avons un point commun : La Mort.

Aujourd’hui, c’est une famille qu’on accompagne, demain ou plus tard, ce sera nous qui seront confrontés à la mort. Ça donne une autre dimension. Ça ne se dit pas… chacun le sait et cette fibre fait qu’on se comprend. Et c’est là que nous devons montrer toute notre humanité en les écoutant, en participant à leur peine à travers tout ce qu’elles expriment. Elles vont ainsi se sentir comprises, soutenues, respectées.

Alors, pourquoi, comment tenir dans le temps pour continuer cette mission ? Je dois avouer qu’en dehors du temps qu’il me faut trouver quand survient un décès, mon intérêt pour la préparation des sépultures n’a pas diminué car je  suis intéressée par  tout ce qui se rapproche  de la mort. Je suis toujours attirée par les livres qui relatent des témoignages forts, notamment des témoignages de foi dans des moments difficiles (le dernier lu est le livre qui dit le témoignage que beaucoup parmi nous ont entendu le fameux dimanche pendant la neige qui nous a empêché d’aller à la messe : cette jeune Maman  apprends que sa petite fille de 2 ans est atteinte d’une maladie grave et qu’elle va mourir bientôt. Un témoignage fort de vie et de foi)   car quelque part à travers tous ces cheminements et à travers ces rencontres avec les familles, on pense à sa propre mort, à celles de ses proches. Personnellement, j’ai l’impression de me préparer à la mort de mes Proches.  Je pense que dans cet état d’esprit, j’ai accepté la mort de mon Père le 1er juin dernier, alors que nous étions proches. Il était très âgé,  son départ était dans une certaine logique, mais ça été moins difficile que je ne pouvais l’imaginer. Je ne vis pas son absence comme une séparation… je ressens sa présence autrement.

Tous ces moments de partage avec ces familles qui sont des témoignages de vie, sont des occasions de vivre ma foi, d’avancer dans la découverte de Dieu à travers Jésus Christ ressuscité qui me fait vivre.

Ce qui me fait vivre aussi et ce pourquoi je vis, c‘est l’amour des autres, l’amour de l’Etre humain, car, je crois aussi en l’homme ; pour moi, il n’est pas seul. Dans chaque être humain, il y a quelque chose de Dieu ; ce qui en fait un Être respectable en qui je mets beaucoup d’espoir.

Pour conclure cet accompagnement des personnes dans le  deuil, je pense que l’on peut avoir la conviction de faire du bien à un moment unique de la vie de quelqu’un où il en avait besoin et que rechercher des remerciements serait mal venu et complètement déplacé, mais une dame qui vient vous voir après la sépulture de son Père pour vous dire : «Votre mot d’accueil, il était bien , vos mots étaient  justes, ils reflétaient tellement ce que nous avons vécu avec  papa  pendant ces fêtes de Noël »…

C’est un témoignage vécu…  j’avoue que ça fait plaisir, ça veut dire que l’on ne s’est  pas trompé, qu’on a su traduire ce qu’ils avaient exprimé.

(Pas de formation préalable, une réunion à la maison diocésaine en 2003-2004 un après-midi qui nous a permis de rapporter un dossier « Préparation  sépulture sans Prêtre » et d’acheter 2 livres à la bibliothèque « Préparer et célébrer les funérailles avec les équipes liturgiques » et « Les Funérailles avec les Personnes éloignées de l’Eglise ».)

 

Témoignage de Marie-France ROUILLARD

donné le 8 mars 2012 à Châtellerault

lors d’une soirée de formation pour la célébration des obsèques en territoire rural.

 


Pour des funérailles
 

 

L’ Église, par la présence des chrétiens, cherche à être toujours plus proche de ceux qui sont dans le deuil.

Accompagnement des familles en deuil

Dans chaque paroisse, le délégué pastoral et le (la) délégué(e) à la prière est à l'écoute des familles pour préparer les obsèques.

 

La famille prend contact avec le prêtre et les pompes funèbres.

 

On peut appeler le prêtres de La Roche Posay

Presbytère de La Roche Posay
 
Père Michel CHAMBRAGNE  05. 49. 86. 20. 08 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 Ou encore les délégués Pastoraux :
Saint-Pierre de Maillé : 05 49 48 60 73 et 05 49 48  64 70
La Roche Posay : 05 49 86 17 59
Barrou : 02. 47. 94. 92. 03.
Chambon : 02 47 91 08 90
Lésigny/Mairé : 06 70 93 48 84
Bonneuil Matours : Père Roger ETAME : 05 49 85 24 16 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  05 49 85 24 44
Archigny : 05 49 21 54 85

 

La semaine aux 3 vallées

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